Dimanche 3 Juin 2007
Anna Rozen Vieilles peaux *
Dans « postérité », une écrivain qui n'est plus toute jeune s'entête à trouver un « exécuteur testamentaire » pour publier, à titre posthume, ses mémoires. Mais trop perfectionniste, égoïste et égocentrique, elle transforme l'expérience en un enfer quotidien...pour ses secrétaires ! Une belle occasion de réfléchir sur le rôle de ces fameuses « mémoires »... « Vous êtes horrifiée par l'idée de mourir [...] vous amassez, vous construisez une statue de
papier [...] Vous n'aimez que vous, et encore, pas assez pour vous suffire de votre existence, il vous faut la postérité ». Paradoxalement, on s'attache à cette Cressida Bloom, dont l'amour-propre devient presque caricatural : ne préfère-t-elle pas conserver ses écrits plutôt que la vie d'un de ses secrétaires ? Au fil des pages, au gré des évènements, Cressida semble même triompher de la mort, la vieille peau faisant alors peau neuve.
« Marthe et Ferdinand » est une nouvelle plus intimiste. On partage la vie de deux personnes âgées, en couple depuis quarante ans. On suit leurs travers, leurs habitudes : « quarante ans d'ail dans les carottes râpées, quarante ans de biscottes trempées dans du café au lait ». Tous deux vont au restaurant, une fois par an, le premier mai. Fernand joue aux boules, Marthe est obsédée par le ménage. Et puis, une brisure narrative, nette, qui tient en une proposition : « depuis que Marthe est morte ». S'en suit alors le récit accéléré des derniers mois de Fernand, puis nouvelle rupture : de nouveaux arrivants prennent la place des vieux dans la maison, mais conservent leurs habitudes : à se demander qui sont les vieilles peaux dans cette histoire...
Dans un dernier récit, l'auteur s'essaye à un exercice de style. « Pas moi » est une visite guidée dans un musée de personnalités. L'auteur s'amuse à entrer dans une peau, puis tel un serpent, mue et en change. Elle prend la place d'un chat, d'Henry Miller, de la Bête (du conte La belle et la bête !), d'une vieille Américaine et même d'une chaussure ! Tout ça pour en arriver à la conclusion « je ne suis pas moi. Je suis tous les autres. Les autres sont moi. Donc il n'y a personne ». Si l'exercice de style est réussi, la lecture est plus laborieuse, car la narration est décousue, et au final reste une impression de longueur.
Au final, retenons les deux premières nouvelles dont on garde un agréable souvenir, tant l'auteur parvient à manier le fond de la trame et l'art de la chute ! Dommage qu'il n'en soit pas de même pour « pas moi » !
[références]
- - Anna Rozen vieilles peaux
- - Editions le Dilettante, 2007
- - 223 pages, 16€
Par Sébastien L., Dimanche 3 Juin 2007 à 19:37 GMT+2 dans romans
Nous savons tous que les enfants n'en font qu'à leur tête, et Pénélope montre trés bien l'exemple ! Elle ne cesse de vouloir faire des bétises comme dessiner sur les murs ...
A l'heure où Pékin prépare les JO et est accusé de ne pas respecter les droits de l'homme, où la Chine a des taux de croissance démesurés chaque année,





