Samedi 7 Juillet 2007
Interview de Tatiana de Rosnay
Tatiana de Rosnay publie cette année un livre réussi sur la rafle du Vel d'Hiv, en juillet 1942. Son roman historique met en lumière le destin de Sarah, une jeune fille à la recherche de son frère, qu'elle a laissé derrière elle pour le protéger de la barbarie. Rencontre avec l'auteur.
01 // comment avez-vous eu l'idée d'un tel roman historique sur cette période sombre de l'histoire française ?
Je me suis toujours intéressée à la mémoire des lieux. Je reste persuadée que les murs gardent en eux la trace et l'esprit de ce qu'ils ont pu abriter en événements douloureux. C'était le thème d'un de mes romans « La mémoire des murs » (Plon). À l'occasion de ce livre, je suis tombée sur la rue Nélaton dans le XVe arrondissement. En toute franchise, je ne connaissais pas ce lieu. Née au début des années 60, je n'ai pas appris la rafle du Vel d'Hiv au collège. J'ai commencé à me documenter. Au fur et à mesure de mes recherches sur cette rafle, j'ai été tour à tour effondrée, bouleversée, choquée, blessée. C'est pour tenter de réparer cette blessure que j'ai écrit ce livre.
02 // romancer, n'est-ce pas dénaturer les événements ?
Je ne crois pas. Je n'ai pris aucune liberté avec tout ce qui se déroule en 1942 en particulier le Vélodrome, Beaune la Rolande et Drancy. Chaque détail est véridique. Chaque
détail a été recherché et documenté. Je pense que le roman est une autre façon de faire connaître un pan méconnu de l'histoire.
03 // selon vous, pourquoi le livre a-t-il été refusé par tant d'éditeurs ?
Je pense que c'est un sujet sensible et tabou qui a peut être fait peur à certains d'entre eux.
04 // Pourquoi avoir écrit ce roman en anglais ?
Ce n'est qu'en faisant lire les premières pages à mon mari que je me suis rendue compte que j'avais débuté ce roman en anglais. Aujourd'hui, avec le recul, je comprends mieux cette démarche. L'anglais est ma langue maternelle, ma langue viscérale, celle qui sort des tripes. Je savais que j'allais devoir entrer dans des descriptions difficiles. Inconsciemment, l'anglais me donnait la distance nécessaire avec mon coté « français » pour aller au bout.
05 // Julia Jarmond vous ressemble étrangement. Est-ce votre double ?
Ah bon ? Vous trouvez qu'elle me ressemble ? Mais vous ne m'avez jamais rencontrée ! Elle est blonde, grande, yeux bleus, très américaine, je suis de taille moyenne, poivre et sel, yeux verts et Franglaise. Et, Dieu merci, Bertrand Tézac n'est pas mon mari, comme je n'ai pas vécu la crise de couple que je leur inflige. Laissez aux romanciers le privilège d'avoir de l'imagination, je vous en prie !
06 // Comment avez-vous créé le personnage de Sarah ? Avez-vous pris appui sur des témoignages, des personnes ayant réellement existé ?
D'abord, j'avais sous les yeux en permanence en écrivant ce livre, ma fille Charlotte, qui avait 10 ans en 2002, lorsque j'ai commencé l'écriture de ce roman. Elle a été mon modèle pour Sarah. Ensuite, j'ai lu tous les témoignages possibles sur la rafle et j'ai rencontré des rescapés du 16 juillet 1942, des moments intenses et bouleversants.
07 // Si un policier français ayant participé au rafle se tenait devant vous, qu'auriez-vous envie de lui dire ?
Je lui dirais « Comment ? Pourquoi ? »
08 // Pensez-vous qu'en juillet 1942, la civilisation se soit perdue ?
Il y a hélas tant d'autres monstrueux épisodes de barbarie et d'horreur dans notre monde moderne et dans celui de notre passé.
09 // La reconstruction psychologique après de telles épreuves est-elle tout simplement irréalisable ?
Je n'ai pas vécu cette horreur donc ne puis vous répondre. J'ai écrit ce livre en hommage aux 4000 enfants du Vel d'Hiv et à leurs familles. Pour qu'on n'oublie jamais leur calvaire.
10 // votre prochain roman sera aussi écrit en anglais. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Cela se passe en partie à Noirmoutier et je suis dans la peau d'un homme d'une quarantaine d'années. Il y est aussi question d'un secret de famille.
::: links :::
> blog officiel du livre Elle s'appelait Sarah ici
> blog de l'auteur ici
> critique du livre de LirePlus ici
Par Sébastien L., Samedi 7 Juillet 2007 à 13:26 GMT+2 dans Lire (encore) plus
cette règle des 2/3 qui explique que les enseignants consacrent 2/3 de leur temps aux garçons et que les garçons émettent les 2/3 des propos tenus dans la classe. Ils répondent plus souvent car ils sont plus sollicités.
En effet, Peter aurait-il été le seul bénéficiaire des deux décès ? Qui aurait eu aussi intérêt à les faire disparaître ? Son frère par alliance, Richard Walker, n'est-il pas couvert de dettes ? Sa belle-mère, Elaine, ne court-elle pas après la fortune ? Et les Barr, le couple qui s'occupe de la résidence, sont-ils d'une façon ou d'une autre mêlés à une sombre histoire ? Il y a aussi Vincent Slater, le bras droit de Peter. Ne cache-t-il pas son jeu ?
à ses parents, comme un retour à la case départ. Les blessures infligées à l'âme ne guérissent jamais et ressurgissent un jour, en éclatant, sous le joug de l'émotion. Flavien en fait la triste expérience en sombrant peu à peu dans la folie. 





