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Corneille l'illusion comique

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Et quoi de plus logique que d'inscrire son oeuvre dans le courant baroque, mouvement de la forme, de l'excès, du grossissement ? En effet, Pridamant, père désespéré, tente de faire appel aux pouvoirs d'Alcandre, puissant magicien pour savoir où est son fils Clindor. Et il le voit, par l'intermédiaire de spectres, accompagner un personnage gascon, Matamore, imbu de lui-même jusqu'au ridicule, référence explicite à la commedia dell'arte italienne. Tentant de conquérir Isabelle, tant pour sa beauté que sa fortune. Mais ses prouesses le font emprisonner. S'échappant grâce à une servante, il mourra plus tard, dans une histoire en parallèle, amoureux en danger de la femme d'un seigneur...avant de réapparaître, bien vivant, sur la scène d'un théâtre. Une étonnante myse en abyme (théâtre dans le théâtre lui-même imbriqué dans une pièce de théâtre) à la structure élaborée, que tous les critiques nomment : le chef d'oeuvre du baroque. Et ils ont bien raison ! Le livre de poche, n°6334, 2€75, 184p (inclus un dossier)

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M. Atwood, Le dernier homme

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on évolue avec un personnage unique, perdu dans une atmosphère sordide où l'avenir ne semble même pas évocable. Snowman a perdu son identité en même temps que la Terre a perdu l'Humanité à la suite d'une catastrophe écologique sans précédents. Margaret Atwood sait saisir le lecteur pour le faire palpiter d'angoisse, tout au long du roman. On la suit là où elle nous mène, sur des terres de désolation, où ne restent que des ombres. On remonte le fil du temps, comme sur des charbons ardents, parce que le passé n'existe plus, mais il est le seul recours pour découvrir la vérité. L'ironie pour nous mettre en garde, l'humour noir pour nous remuer...et l'histoire entière nous nous transpercer. Une grande réussite ! Margaret Atwood, Le dernier homme, Robert Laffont, collection PAvillons, 2005, 394p, grand format.

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Salomé le courage d'être soi

Jacques Salomé, psychologue, spécialiste de la communication, se propose de nous faire découvrir les ressources disponibles en nous pour changer, mais aussi les parades à construire face aux dangers de ce changement, tout en insistant sur nos émotions pour avoir la force de s'accomplir : comment gérer la perte d'un proche, comment mettre fin aux violences et blessures inéterieures... Cependant, par son discours épique, par ses points répétitifs, il peut sembler parfois lourd, et identique à tous les autres ouvrages de développement personnel qui fleurissent chaque année en librairie, mais qui souvent sont déjà fanés ! Sûrement pas le meilleur ouvrage de Jacques Salomé ! Jacques Salomé, le courage d'être soi, pocket, n°11088, 218pages

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La Maison d'Anne Frank

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Nous avons été des millions à nous émouvoir à la lecture du journal d'Anne Frank, jeune fille ordinaire de la guerre, qui fut contrainte de se cacher pour vivre, pour finir par mourir tragiquement à Bergen-Belsen. La Maison d'Anne Frank, sorte d'encyclopédie luxueuse riche en photographies de qualité et témoignages poignants, édité chez Calmann-Lévy, tend à nous la faire revivre, à travers une visite guidée de sa cachette, devenue musée. On y retrouve une bonne part d'Histoire, mais aussi des morceaux de vies brisées par la guerre, avec notamment des extraits du journal d'Anne. Un très bel hommage, et un livre à offrir ! La Maison d'Anne Frank, Un voyage illustré dans le monde d'Anne, format encyclopédie, 258pages, Calmann-Lévy, 45€

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Rhinocéros Ionesco

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Bérenger, alcoolique et son ami Jean discutent tranquillement dans un café. Jean, impeccable, avec un air embourgeoisé, reproche à Bérenger sa tenue. Ainsi commence la pièce, jusqu’à ce qu’un bruit terrible se fasse ressentir, et que l’un l’autre, ainsi que les autres personnages présents, comme la serveuse, l’épicière, ou encore une ménagère, sont surpris, estomaqués. Un rhinocéros vient de passer dans la ville ! Unicorne ou bicornu ? D’Asie ou d’Afrique ? Tel sera le débat lancé par Jean qui prendra des proportions incroyables avec la présence d’un Logicien qui se lance dans des explications incompréhensibles –mais tellement logiques ! Puis petit à petit, tout ce beau monde s’habitue à la présence des rhinocéros. On n’est plus surpris, et on s’interroge : après tout, ils ont l’air heureux. Pourquoi ne pas leur ressembler ? C’est ainsi que cette « maladie », la rhinocérite, qui transforme les habitants en rhinocéros, devient la clé de la modernité et de la réussite. Au bureau où travaille Bérenger, chacun à leur tour, M.Papillon, M.Dudard, M.Bœuf vont devenir rhinocéros, quelque soit leur niveau de vie, leur statut social, et même Jean y passera. Désespéré, Bérenger veut leur ressembler, malgré toutes ses réprimandes et ses injures faites aux rhinocéros. Mais dans l’incapacité de devenir comme eux, il défendra son humanité jusqu’au bout : « je ne capitule pas ! ». Une pièce très étudiée encore aujourd’hui pour sa dénonciation de notre facile adhésion –sans tortures ni tourments- à un mouvement de pensée unique. Satire aussi d’une société conformiste à laquelle la logique nous échappe. Eugène Ionesco, Rhinocéros, Folio n°100, 246p

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