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Thomas King L'herbe verte, l'eau vive *

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Un roman fantaisiste pour passer l'hiver, rien de mieux ! A condition de bien s'accrocher et d'accepter de se laisser entraîner par un récit ancré à la fois dans la réalité et dans l'absurdité.

Au départ, on croirait qu'il s'agit d'une histoire quasi-banale, on suit le quotidien dans une réserve d'indiens, du moins, ce qu'il en reste, les traditions qui se perdent, la modernité qui rattrape leur univers...et puis, on plonge avec un narrateur inconnu dans la genèse du monde, sa création, et ses différentes versions...et encore une autre histoire, celles de quatre vieux indiens, qui portent des noms de personnages de romans, et qui veulent changer les choses, à leur mesure, en commençant par inverser le synopsis des vieux westerns où les cowboys les massacrent toujours et aussi par changer la veste de Lionel, un vendeur de télévisions d'origine indienne... Comment donc résumer trois romans imbriqués les uns dans les autres, et qui pourtant suivent chacun une trajectoire différente ?

On se laisse porter par la narration, rassurée par les propos de MArgaret Atwood en quatrième de couverture "Thomas King est un conteur hors-pair extrêmement talentueux" (voir nos articles sur "la servante écarlate" et "le dernier homme", publiés chez Robert Laffont). Mais au fur et à mesure des quatre cents pages, passer d'un récit à un autre peut commencer à nous lasser, surtout qu'il se répète à plusieurs reprises...cependant l'intrigue principale recadre le tout, et comble le lecteur désireux d'entrer dans une réserve indienne en tant qu'observateur : au croisement de la tradition et de la modernité, vous trouverez les personnages du livre de Thomas King, qui regorge de culture historique sur les inégalités et crimes commis envers les indiens.

références : Thomas King l'herbe verte, l'eau vive Albin Michel collection terres d'Amérique, env.430pages, grand format, 22.90€

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Marc Gibaja- Laurent Sarfati-Patrick Lhonoré La minute blonde ***

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Si vous ne connaissez pas encore Dorothy Doll, la blonde écervelée du cultissime programme de Canalplus, il est temps de vous rattraper avec son livre éponyme regroupant plus de 300 pensées péroxydées à méditer !

De nombreux éclats de rire vous attendent dans ce petit bouquin : sexe, vie quotidienne, monde, show-biz', politique...tout y passe ! Les sujets sont toujours traités avec innocence, trait de caractère officiel des "blondes", si on en croit le préjugé ! En tous cas, Dorothy Doll excelle ! Voici quelques morceaux choisis...
Mylène Farmer, c'est vous qui avez lancé Alizée, non ? Mais pourquoi vous ne l'avez pas lancée plus loin... ou ailleurs ?
j'ai un copain rugbyman qui s'est fait plaquer par un Australien. Comme ça, sans explication, ni coup de fil...rien.
Quand on sort d'un film américain, on se dit "t'as pensé quoi de la fin ?" et quand on sort d'un film français, on se dit : "tu penses qu'il restait combien de temps avant la fin ?"
Références : la minute blonde / Marc Gibaja- Laurent Sarfati-Patrick Lhonoré / Canal+ éditions / 7 € /140pages /septembre 2005

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Albert Jacquard Nouvelle Petite Philosophie **

Initier les étudiants -ou les novices- à la philosophie, sans passer par des concepts compliqués, tout en instaurant un dialogue est la pari lancé par Albert Jacquard, interrogé par Huguette Planès. Tous les thèmes d'actualité y sont traités de manière à amener le lecteur à s'interroger à son tour.

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Philippe Besson Un instant d'abandon **

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Le nouveau roman de Philippe Besson plonge une nouvelle fois ses lecteurs dans la complexité des relations humaines, dès lors qu'une dérive a entraîné un protagoniste dans des situations délicates. Comme le titre l'indique, l'abandon est le thème majeur de cette oeuvre : celle d'un homme, qui sans le vouloir, est devenu responsable de la mort de son fils. A Falmouth, on ne pardonne pas une telle infamie, coupable ou non, c'est l'acte qui compte, pas la responsabilité de chacun. Décidé à fuir, à entamer une nouvelle vie, le présumé assassin ne refusera pas sa condamnation, allant même jusqu'à refuser un avocat pour sa défense et à accepter tous les mensonges issus de son procès. De retour à Falmouth, c'est l'indifférence, ou la médisance qui l'attendent, sous fond de menaces. Philippe Besson pose la question de la reconstruction après un drame familial : comment oublier une catastrophe alors que les autres ne cessent de vous rappeler, par leur silence, vos échecs ? Comment retrouver l'innocence perdue, condamnée par le désaveu d'autrui ? Peut-on espérer avoir une seconde chance ? L'auteur livre quelques pages exceptionnelles sur le mariage, et sur la vie en prison, d'une lucidité à toute épreuve, avec les mots qu'il faut. Un bon roman, pas le meilleur, mais agréable à lire par sa construction épurée.
références Un instant d’abandon Philippe Besson
Julliard, 18€ 213pages

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Andreï Kourkov Le Pingouin ****

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L'auteur de Le dernier amour du Président s'est fait connaître par un roman qui bouleverse toutes les règles établies par la littérature : Le Pingouin . L'histoire prend place à Kiev, en Ukraine, au coeur de l'ex-union soviétique, où raisonne encore en fond sonore le bruit sourd de la corruption, le demi-silence d'un temps qui s'écoule sans laisser d'illusions se dessiner, et le cri étouffé d'une population quasi-désenchantée, mais qui tente de (sur)vivre. C'est dans ce contexte de crise que vit Victor, écrivain râté, qui se fait embaucher par un grand journal pour écrire des "petites croix", espèce de rubrique nécrologique améliorée. Son originalité ne s'arrête pas là : il abrite chez lui Micha, un pingouin que lui a confié gracieusement le zoo de Kiev, qui ne disposait que de trop peu de ressources pour s'occuper de ses pensionnaires. Ensemble, ils partagent leur solitude, et de ce point commun, naît une dépendance, une complicité spontanée. Cette vie dépourvue de sens aurait pu durer des années, mais autour de Victor commencent à mourir des individus haut placés dont il avait écrit leur nécrologie. Scandales et menaces l'atteignent, lui et son pingouin, involontairement jeté dans cette sombre affaire de corruption, où l'ami d'hier devient l'ennemi d'aujourd'hui, où la confiance se perd aussi facilement qu'un peu de monnaie dans une poche trouée.
Le talent de Kourkov est de faire d'un contexte noir une narration enjouée, où les péripéties sont tellement nombreuses que les situations kafkaïennes parviennent à se fondre dans la masse et à ne plus nous surprendre. Kourkov nous entraîne sur des terrains inconnus, au coeur de l'uKraine, pour dénoncer, avec toute la justesse qui le caractérise, le monde de l'après URSS...
Références
LE Pingouin, Andreï Kourkov Roman point seuil, P842 7€50 274pages.

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