Jeudi 26 Juin 2008
Philippe Braud - Violences politiques ***
Par Sébastien L., Jeudi 26 Juin 2008 à 18:09 GMT+2 dans essais
"la fin justifie les moyens" disait
Machiavel. Philippe Braud corrige et annonce : « les fins
souhaitables justifient les moyens parfois regrettables ». La couleur est
donnée. Le sociologue nous offre une introduction à la violence, dans toutes
ses formes.
Qu’elle soit colérique (le peuple obéit à son instinct et répond
par le mal à ses frustrations), défensive (ainsi, on parle bien de la « légitime
défense ») ou émancipatrice (les mouvements indépendantistes), la violence
imprègne nos sociétés de ses paradoxes et de sa « rationalité délirante »
(Jacques Sémelin). Terrorisme, crises des banlieues font partie de notre vie
quotidienne, et pourtant, parfois, la logique nous échappe. Selon lui, la
violence n’est pas un acte isolé, et s’il faut s’intéresser à sa nature, il
faut aussi, et surtout, analyser sa
signification. Ainsi, son œuvre se concentre sur le processus identitaire. La
violence serait un processus de reniement de l’autre, le fait d’une « hétérophobie »,
qu’on peut aisément observer dans les discours haineux. Elle serait utilitaire,
visant à soumettre, ou à éradiquer, et il s’appuie pour cela sur les génocides
du XXè siècle pour prouver sa thèse. La violence, c’est l’affirmation de soi
par l’humiliation de l’autre.
Philippe Braud prend ses sources dans les études sociologisantes des actes violents (d’où naît-elle ? Comment l’expliquer ?) mais aussi psychologisantes (quel est le rôle de l’individu en tant que tel ?). Richement illustré, l’essai se démarque par sa facilité d’accès. Comprendre pourquoi seul l’Etat a la légitimité de l’usage de la violence, comment répondre, dans nos sociétés démocratiques à ce mal, identifier « la victime », tel est l’objet de l’ouvrage.
Une très bonne perspective sur la violence.
[références]
Philippe Braud, Violences politiques, Point Seuil, 256 pages, 2004






