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Philippe Braud - Violences politiques ***

"la fin justifie les moyens" disait Machiavel. Philippe Braud corrige et annonce : « les fins souhaitables justifient les moyens parfois regrettables ». La couleur est donnée. Le sociologue nous offre une introduction à la violence, dans toutes ses formes. violences politiquesQu’elle soit colérique (le peuple obéit à son instinct et répond par le mal à ses frustrations), défensive (ainsi, on parle bien de la « légitime défense ») ou émancipatrice (les mouvements indépendantistes), la violence imprègne nos sociétés de ses paradoxes et de sa « rationalité délirante » (Jacques Sémelin). Terrorisme, crises des banlieues font partie de notre vie quotidienne, et pourtant, parfois, la logique nous échappe. Selon lui, la violence n’est pas un acte isolé, et s’il faut s’intéresser à sa nature, il faut aussi, et surtout,  analyser sa signification. Ainsi, son œuvre se concentre sur le processus identitaire. La violence serait un processus de reniement de l’autre, le fait d’une « hétérophobie », qu’on peut aisément observer dans les discours haineux. Elle serait utilitaire, visant à soumettre, ou à éradiquer, et il s’appuie pour cela sur les génocides du XXè siècle pour prouver sa thèse. La violence, c’est l’affirmation de soi par l’humiliation de l’autre.

Philippe Braud prend ses sources dans les études sociologisantes des actes violents (d’où naît-elle ? Comment l’expliquer ?) mais aussi psychologisantes (quel est le rôle de l’individu en tant que tel ?). Richement illustré, l’essai se démarque par sa facilité d’accès. Comprendre pourquoi seul l’Etat a la légitimité de l’usage de la violence, comment répondre, dans nos sociétés démocratiques à ce mal, identifier « la victime », tel est l’objet de l’ouvrage.

Une très bonne perspective sur la violence.

[références]

Philippe Braud, Violences politiques, Point Seuil, 256 pages, 2004

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Christian Pringent A quoi bon encore des poètes ? **

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Une question légitime, en ce XXIème siècle : existe-t-il encore des poètes, héritiers d’un Baudelaire ou d’un Mallarmé ? si oui, la poésie a-t-elle encore un rôle ? A quoi sert-elle donc ? Loin de faire un éloge seul de l’art littéraire, l’auteur expose ici sa vision des choses. Et cela commence fort « comme tout monde humain, mais plus qu’aucun autre peut-être, notre monde est un monde en manque de sens. La demande de sens y est donc d’autant plus acharnée. » Et, par quoi passerait donc cette sens-ibilité ? La poésie, en tentant de « trouver une langue » est le pilier de cette quête, mais n’amène pas forcément au sens, plutôt à la Vérité. Par ses formes, sa rhétorique, son style, elle est un condensé « d’in-signifiance », soit parce que l’éclatement des formes contemporaines renvoie à l’implosion de notre monde humain (manque de stabilité, de repères) et donc que la poésie prend forme dans l’informe (« le reflet esthétisé de cette chute [du monde] en sa déclinaison lisible »), soit parce que la poésie saisit le présent, par définition flou, incertain ; qu’il faut symboliser : la poésie prend donc ici toute sa consistance.

Pour finir, Christian Pringent rappelle qu’« en France, on aime beaucoup la poésie qu’on ne lit pas. Comme on n’en lit presque pas, l’amour est immense ». Un appel à découvrir cet art, qui menaçant de disparaître à chaque instant, ne cesse de renaître sous des formes nouvelles.

références
Christian Pringent A quoi bon encore des poètes ? P.O.L 1996, 55pages


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Dubravka Ugresic Ceci n'est pas un livre ***

Enfin un livre qui n'en n'est pas un ! Enfin un bouquin qui se met lui-même en abîme ! Une couverture parlante nous invite à découvrir par nous-même le contenu du récit : ces livres blancs, sans saveur, aglutinés les uns les autres sur les étagères, n'ont rien à voir avec celui de l'auteur : ce dernier tente de percer le secret de l'édition, identifie avec authenticité les procédés actuels utilisés par le marché pour vendre, et en cela, se détache de cet ensemble indistinct. Jubilatoire !

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Dubravka Ugresic est une dissidente qui a de quoi écrire ! Elevée derrière le Rideau de Fer, elle a vécu le socialisme, le communisme, la chute du Mur, le démantèlement de son pays, la Yougoslavie...Et elle vit actuellement l'exil, décision qu'elle a prise en 1993 lorsque la Croatie lui a fait comprendre qu'elle "nuisait aux intérêts". Aussi ne faut-il pas la caractériser par son pays, étiquette qu'elle refuse et à laquelle elle préfèrerait celle "d'écrivain transnational". Toutes ces conditions d'existence, associé à de nombreux voyages aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne où elle enseigne la littérature russe, lui ont permis d'observer pendant de longues années le marché du livre dans toute sa signification. Et ce qu'elle nous livre dans ce recueil, ce sont tant des essais que des nouvelles, avec toujours un humour, une ironie, parfois un cynisme caractérisant comme un fil conducteur son écriture. Tout le monde a le droit à sa critique : des éditeurs qui ne choississent un roman qu'à partir du synopsis, des agents qui ne sont jamais à disposition, des directeurs littéraires plutôt formés au marketing qu'à la littérature...en passant par les auteurs eux-mêmes, tentés par le glamour et l'engagement qui passe pour une action intellectuelle, alors qu'il n'est qu'une action médiatique. Et Mme Ugresic tient son lecteur en haleine, séduit par ce récit authentique, un recueil de sanguines que tout le monde pense, mais que personne n'osait encore dire..."brève contribution à l'histoire de ma littérature nationale" est ainsi une nouvelle ironique, subtile, où l'auteure n'hésite pas à critiquer son pays d'origine ; tandis que dans "l'écrivain en exil" elle se lance dans un essai argumenté sur les conditions et conséquences d'un tel choix -qu'elle a d'ailleurs fait.

On rit beaucoup à la lecture de ses essais, on réfléchit également. Dubravka Ugresic a conscience que l'avenir du livre est plus qu'incertain, et cerné par l'uniformisation du marché qu'elle aborde dans "questions à une réponse". Quoiqu'il en soit, le sien est parvenu jusqu'à nous, il n'y a rien à regretter !


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Références : Dubravka Ugresic ceci n'est pas un livre essais, Fayard, 300p, 18€, août 2005

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Albert Jacquard Nouvelle Petite Philosophie **

Initier les étudiants -ou les novices- à la philosophie, sans passer par des concepts compliqués, tout en instaurant un dialogue est la pari lancé par Albert Jacquard, interrogé par Huguette Planès. Tous les thèmes d'actualité y sont traités de manière à amener le lecteur à s'interroger à son tour.

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Amélie Nothomb, l'éternelle affamée

Amélie Nothomb, l'éternelle affamée (Laureline Amanieux) "Ceci n'est pas une biographie de la biographie de la faim. Pourquoi refaire ce que l'auteur fait si bien ?". Ainsi commence la préface de l'ouvrage, mi-biographie, mi-essai. Dans ce livre, Laureline Amanieux étudie le personnage Nothomb à travers les indices laissés dans ses livres.

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