Interview de Juliette Nouel-Rénier
Juliette Nouel-Rénier, vous êtes l'auteur de la collection « la connaissance est une aventure », éditée par Gallimard Jeunesse. L'est-elle effectivement pour vous aussi, quand vous décidez de vous consacrer à des recherches pour un livre de la série ?
Elle l'est totalement. Quand je m'attaque à un des titres, je n'ai que des connaissances très générales sur le thème. C'est à la fois un inconvénient (je dois beaucoup apprendre et ça prend du temps) et un grand avantage car cela me permet de me poser les mêmes questions que ceux qui ont fait ces découvertes, ce qui est un pari fondamental de la collection. Cet exercice demande nécessairement d'oublier le peu que j'ai pu apprendre et de ne rien considérer comme « évident ».
Comment travaillez-vous ?
Tout d'abord, je prends contact avec un conseiller scientifique, qui est à la fois à la pointe des recherches dans son secteur mais aussi un connaisseur de l'histoire de sa discipline. Avant de le voir pour la première fois, j'ai déjà un peu travaillé, afin de poser les bonnes questions. Nous discutons du plan général et des grandes lignes de l'histoire. Ensuite, je lis quelques livres et je revois une ou deux fois le conseiller pour éclaircir les points restés obscurs, puis j'écris le livre, qui sera bien sûr relu par le scientifique.
Votre travail en tant que journaliste vous a-t-il été bénéfique pour vous sensibiliser aux recherches actuelles ?
Mon expérience de journaliste est essentielle dans cette démarche. C'est pour moi un travail de journalisme d'un bout à l'autre, même si une grande partie de l'enquête se déroule dans le passé.
Quelle est votre intention avec cette collection dédiée aux jeunes lecteurs ?
S'il suffit de trois clics sur internet pour accéder à pratiquement tout l'ensemble de la connaissance, cette immédiateté de l'accès au savoir ne rend plus compte de l'épaisseur du temps et des nécessaires tâtonnements de l'esprit qui cherche. J'ai voulu montrer que le chemin vers le savoir est aussi intéressant que le savoir lui-même, que « ce que l'on sait » prend toute sa dimension quand on découvre « comment on l'a su ».
Pourquoi décidez-vous de vous attaquer à un thème en particulier, comme l'univers, les origines de l'homme, ou la sexualité ?
Pour la reproduction (plutôt que la sexualité), c'est en lisant Jean Rostand et en découvrant le temps que cela avait pris pour comprendre « qui fait quoi » entre l'homme et la femme que j'ai eu envie de traiter ce thème. L'univers, c'est la force de l'infini qui m'a attirée ! Notre parenté avec le singe, c'est un acte militant contre le renouveau du mouvement créationniste.
Les deux prochains ouvrages qui sortiront concernent le réchauffement climatique et les dinosaures. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le titre sur le climat est un sujet d'actualité qui me passionne. J'ai travaillé avec Jean Jouzel, vice-président du groupe scientifique du GIEC. Le titre sur les dinosaures est plus destiné aux jeunes et c'était plus une récré au milieu des angoisses du climat, même s'il a aussi demandé beaucoup de travail. J'ai travaillé avec Ronan Allain, Maître de conférences au Muséum national d'Histoire naturelle.
D'autres titres sont-ils programmés ? Avez-vous d'autres projets littéraires ?
D'autres titres dans cette collection, je ne sais pas encore. D'autres projets, oui, mais... des projets.
Intéressons-nous plus particulièrement à vous, et aux livres ! Quels sont vos auteurs préférés, et vos œuvres favorites ?
Céline, pas l'homme lui-même mais uniquement l'auteur de « Voyage au bout de la nuit » et « Mort à crédit » ; André Brink, pour « Un turbulent silence » ; et tout Steinbeck, Truman Capote, Scott Fitzgerald, Kundera et quelques autres... dont Vian, Salinger, J.E. Wideman, P.Roth.
Que lisez-vous actuellement ?
« Loin de Chandigarh » de l'écrivain indien Tarun J Tejpal.
Et pour finir, vous souvenez-vous de ce que vous lisiez quand vous étiez jeune ?
Oui : « Loin de Chandigarh » de l'écrivain indien Tarun J Tejpal !
Deux nouveaux titres dans la collection en 2008, "comment l'homme a compris que les dinosaures ont régné sur terre", et "comment l'homme a compris que la planète se réchauffait".
Lien vers la critique de "comment l'homme a compris d'où viennent les bébés"
> ici
Par Sébastien L., Vendredi 11 Avril 2008 à 07:43 GMT+2 dans Lire (encore) plus (article, RSS)






